SOPHIE CARRIER

While I am painting, I seek mainly to enter into a state of being. I am motivated by a feeling of freedom and self-forget-fullness. I also have a powerful urge to create a universe which is esthetically pleasing, a world of abundance, both cheerful and somewhat naive, and far removed from the morbid pessimism in which I am engulfed on all sides by contemporary culture, media and art. The universe I construct is based on the garden and the forest.

The process unfolds directly on the canvas, which is usually placed flat on the floor. I move constantly between happenstance and choice. I usually begin with a key figure that impressed me (a bird, a flower). I construct the picture gradually using successive layers of deliberate accident and controlled elements. This results in a combination of drawings, collage, realistic painting, pools of polymer, grand strokes made by large paintbrushes, recoveries, transparency, and minor motifs. It is all part of a composition, in which the void controls the filled spaces and in which I seek to maintain visible traces of each layer, as testimonies to the construction of the work.

Leaving bare spaces on the canvas is something that I admire in several contemporary artists, including François Lacasse, from whom I borrowed the technique of pouring paint onto the canvas and of controlling its movement without brushes, by moving the canvas.

Pictures drawn by children are also frequent in my work. As I teach at the grade school level, I have a wide variety of choices that I can reproduce. The presence of work by children has become increasingly important in my most recent work in which guileless birds are enthroned like kings, the gentle guardians of my universe.

Lorsque je peins, c’est d’abord la recherche d’un état; sentiment de liberté et d’oubli de soi, qui me motive. C’est aussi le désir de créer un univers qui me plaît visuellement : un monde foisonnant, gai et un brin naïf, loin d’un certain pessimisme morbide que je perçois autour de moi dans la culture, les médias, l’art et qui m’affecte. Cet univers se construit autour du thème du jardin, de la forêt.

Le processus s’élabore directement sur la toile, la majeure partie du temps, le tableau posé à plat sur le sol. Je procède en oscillation constante entre le hasard et les choix. Je débute avec un élément clé qui m’aura précédemment allumée (un oiseau, une fleur), et le tableau se construit par couches d’accidents provoqués et d’éléments contrôlés, mêlant dessins, collage, éléments peints de façon réaliste, flaques de polymère, grands gestes avec de gros pinceaux, recouvrements, transparence, petits motifs, dans une composition où le vide côtoie le plein, où je veux garder visible des traces de chacune de ces couches; comme un historique de la construction du tableau.

Laisser voir de la toile nue est une chose qui m’a frappée et séduite chez plusieurs artistes contemporains, dont François Lacasse, de qui j’ai retenu aussi l’idée de verser la peinture sur la toile et de la contrôler sans pinceaux, en bougeant le tableau.

Les dessins d’enfants sont aussi omniprésents dans mon travail. Étant enseignante au primaire, je dispose d’un grand choix que je reproduis moi-même. Leur présence est devenue encore plus importante dans mes derniers tableaux, où des oiseaux naïfs trônent en rois comme des petits gardiens de mon univers.