DOMINIQUE CHAUVAUX

ARTIST STATEMENT – DOMINIQUE CHAUVAUX
SOLO SHOW FLAMES – MAY 2018

I am passionate about the human, regardless of age and physical features.

As an artist, I am fascinated by the body, this amazing vehicle inside which we cross in apparent safety the mountains and the valleys, as well as the deserts and the oases of our lives. Although resistant and extremely sophisticated, it is nevertheless subject to the pangs of time and the bumpy roads, sometimes tortuous and rugged, on which we travel.

Through my art, I seek, whether in my works in oil, my drawings or my soot representations, to translate the resilience and fragility of body and soul, their beauty and dignity, especially in the faces that I have interpreted or imagined for the Flames exhibition.

The works presented here are made with the candle flame, which I use in the manner of a brush, the soot leaving on the paper a trace that is similar to that of charcoal, but with more transparency and depth. It seemed to me that this medium perfectly suited my intention : to pay tribute to the missing and murdered Native women in Canada over the past decades. Indeed, the soot leaving a trace that is both strong and fragile, and fire being a symbol of transformation, I wanted to show the impact that the lives of these women, although disappeared, had on me and on all those who denounce hatred and indifference. To show that they still exist in our consciences and our hearts.The smoke that lingers after the candle is blown out leaves a kind of presence.

Their tragic fate touches me deeply and I wanted to give a face to these women whose features could have sunk into oblivion, when no photo exists to communicate the smile or the sparkle of their eyes. The works are not portraits, strictly speaking, but abstract representations resulting from my desire to get closer to these abused souls, in order to capture their light and give them a little warmth.

The flame that I use to paint is the symbol of these women, whose lives were so suddenly blown away. But the marks left on the paper testify to the reality of their existence: they laughed, they cried, they loved, they danced. They suffered too. I wanted to meet these women, my sisters.


DÉMARCHE ARTISTIQUE – DOMINIQUE CHAUVAUX
EXPOSITION SOLO FLAMMES – MAI 2018

Avant tout c’est l’humain sous toutes ses formes qui me passionne.

Comme artiste, je suis fascinée par le corps, ce merveilleux véhicule à bord duquel nous traversons en apparente sécurité les montagnes et les vallées, ainsi que les déserts et les oasis de notre vie. Bien que résistant et extrêmement perfectionné, il est néanmoins soumis aux affres du temps et aux cahots des routes, parfois tortueuses et accidentées, que nous empruntons.

Par mon art, je cherche, que ce soit dans mes oeuvres à l’huile, mes dessins ou mes tableaux à la suie, à traduire la résilience et la fragilité du corps, sa beauté et sa noblesse, notamment dans les visages que j’ai interprétés ou imaginés pour l’exposition Flammes.

Les oeuvres présentées ici sont réalisées à la flamme de bougie, que j’utilise à la manière d’un pinceau, la suie laissant sur le papier une trace qui s’apparente à celle du fusain, mais avec plus de transparence et de profondeur. Il m’a semblé que ce médium servait tout à fait mon propos : rendre hommage aux femmes autochtones disparues ou assassinées au cours des dernières décennies au Canada. En effet, la suie laissant une marque à la fois puissante et fragile, et le feu symbolisant la transformation, j’ai voulu montrer l’impact que la vie de ces femmes, bien que disparues, a eu sur moi et sur tous ceux et celles qui dénoncent la haine et l’indifférence. Montrer qu’elles existent encore dans nos consciences et dans nos coeurs. La fumée qui flotte après que la bougie se soit éteinte rappelle la présence de ces femmes.

Ces destins tragiques me touchent profondément et j’ai voulu donner un visage à ces femmes dont les traits auraient pu sombrer dans l’oubli, celles dont aucune photo ne rappelle le sourire ou l’étincelle des yeux. Il ne s’agit pas de portraits à proprement parler, mais de représentations abstraites issues de mon désir de m’approcher au plus près de ces âmes violentées, afin de capter leur lumière et de leur donner un peu de la chaleur du feu.

La flamme que j’utilise pour peindre est le symbole de ces femmes, dont la vie a été si brusquement soufflée. Mais les marques laissées sur le papier témoignent de la réalité de leur existence : elles ont ri, elles ont pleuré, elles ont aimé, elles ont dansé. Elles ont souffert aussi. J’ai eu envie d’aller à la rencontre de ces femmes, mes soeurs.