MARTIN RONDEAU

Stemming from the fashion world, appearing from a company where the ad is omnipresent, living in a world where everything goes faster and faster, where the technological changes exceed us and the conveyed values differ from those of formerly, the photographer Martin Rondeau takes his place in the artistic environment and it is true since 2007.

After studies in photography, he becomes an assistant of the biggest photographers of the fashion world and the ad and travels then the planet; he notices while the methods taught the school already became old-fashioned. Among his customers represent Philippe Dubuc Designer, The House Simon, the Big Canadian Ballets, Parasuco, the Castle …

His artistic career, which he likes in parallel his first business, came to support its last years of learning and photographic experiences. It is always the same medium which translates its thought, most effectively and most simply possible. The intention is not only esthetic any more, it is now printed by a desire to denounce, shock, amaze …

The approach and initiative of the artist is of the most interesting: he builds an image to deconstruct it then by means of an almost surgical intervention. He cuts by hand in small strips its photos which he beforehand printed in several copies; then, he braids them so as to reconstitute an image ” gaufrée ” and blurred, disturbing then its reading. The reconstituted photography seems pixelated. The sociological approach of the subject is returned by a unique and particular visual signature. However, more and more, the plaiting is partial; it is only the part of his work that he makes undergo this treatment and process.

By its representations of almost essentially feminine bodies, Rondeau approaches diverse aspects of the sexuality. He questions our taboos, sometimes shocks our customs … His images, of large formats for the greater part, offer a contents disturbing but marked with meaning. His corpus is not that visually schemer, it is the speech of a man and an artist in the multiple concerns who wishes to make message pass so social as personal while bringing an awareness on the past, the present and the future. The artist gives the starting point to the reading of the image: he presents us a face, a symbol, an iconography … He draws the path to be taken, but it is up to the looking to make its own reading and its personal interpretation. That we like or not what is visually presented to us, his works certainly, generates questionings …

By his characters at the middle fictitious, at the middle-human beings often naked, the photographer suggests an interesting dichotomy: the visit of the truth and the forgery engenders a feeling of incapacity to be situated us in the time and to take a stand on the denounced taboo. The lack of mark plunges us into an imperceptible timelessness, an almost surrealist world.

The corpus of Rondeau is an introspective and inquiring look on its first environment, that of the fashion and the advertising. His photographic bas-reliefs are enigmatic both because of the bottom and of the shape. His technique, which requires patience and accuracy, contrast with the subject at the same time ” trash ” and provocation. Most of its models are professional models otherwise people chosen according to its inspiration. Bodies, as for them, possess a plastic aspect and the present colors are brilliant and lively. The pink, symbolizing a stereotypical world where the search for the physical perfection is the first concern, is recurring.

 

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Issu du milieu de la mode, émergeant d’une société où la pub est omniprésente, vivant dans un monde où tout va de plus en plus vite, où les changements technologiques nous dépassent et les valeurs véhiculées diffèrent de celles d’autrefois, le photographe Martin Rondeau prend sa place dans le milieu artistique et ce, depuis 2007.

Après des études en photographie, il devient assistant des plus grands photographes du milieu de la mode et la pub et parcourt alors la planète; il constate alors que les méthodes apprises à l’école sont déjà devenues désuètes. Parmi ses clients figurent Philippe Dubuc Designer, La Maison Simons, les Grands Ballets Canadiens, Parasuco, le Château…

Sa carrière artistique, qu’il tient en parallèle à son métier premier, est venue appuyer ses dernières années d’apprentissages et d’expériences photographiques. C’est toujours le même médium qui traduit sa pensée, le plus efficacement et le plus simplement possible. L’intention n’est plus uniquement esthétique, elle est maintenant empreinte d’une envie de dénoncer, choquer, étonner…

La démarche de l’artiste est des plus intéressantes : il construit une image pour ensuite la déconstruire par le biais d’une intervention quasi chirurgicale. Il coupe en lamelles ses photos qu’il a préalablement imprimées en plusieurs exemplaires; puis, il les tresse de manière à reconstituer une image « gaufrée » et brouillée, troublant alors sa lecture. La photographie reconstituée semble pixellisée. L’approche sociologique du sujet est rendue par une signature visuelle unique et particulière. Cependant, de plus en plus, les tressages sont partiels; c’est seulement à une partie de son œuvre qu’il fait subir ce traitement.

Par ses représentations de corps presque essentiellement féminins, Rondeau aborde divers aspects de la sexualité (transsexualité, homosexualité…). Il questionne nos tabous, choque parfois nos mœurs… Ses images, de grands formats pour la plupart, offrent un contenu dérangeant mais empreint de signification. Son corpus n’est pas que visuellement intrigant, il est le discours d’un homme et d’un artiste aux préoccupations multiples qui désire faire passer un message tant social que personnel tout en amenant une prise de conscience sur le passé, le présent et le futur. L’artiste donne le point de départ à la lecture de l’image: il nous présente une figure, un symbole, une iconographie… Il trace le chemin à prendre, mais il appartient au regardant de faire sa propre lecture et son interprétation personnelle. Que l’on aime ou pas ce qui nous est visuellement présenté, l’œuvre, à coup sûr, génère questionnements…

Par ses personnages mi-fictifs, mi-humains souvent nus, le photographe suggère une dichotomie intéressante : la visite du vrai et du faux engendre un sentiment d’incapacité à nous situer dans le temps et à prendre position sur le tabou dénoncé. Le manque de repère nous plonge dans une intemporalité insaisissable, un monde quasi surréaliste.

Le corpus de Rondeau est un regard introspectif et interrogatif sur son milieu premier, celui de la mode et de la publicité. Ses bas-reliefs photographiques sont énigmatiques tant à cause du fond que de la forme. Sa technique, qui requiert patience et minutie, contraste avec le sujet à la fois « trash » et provocant. La plupart de ses modèles sont des mannequins professionnels sinon des personnes choisies au gré de son inspiration. Les corps, quant à eux, possèdent un aspect plastique et les couleurs présentes sont chatoyantes et vives. Le rose fushia, symbolisant un monde stéréotypé où la recherche de la perfection corporelle est la préoccupation première, est récurrent.